Coliséum d'Esprits

Dans une plaine du desert rouge, un cercle émerge de la terre.
Autour d'un feu de camp, quelques esprits alliés se sont donnés rendez vous; afin de débatre sur la naissance d'un nouvel être.
"Mais qu'allons nous faire de cette enfant? dit l'Anaconda en regardant le nourisson endormi dans le creux de ses noeuds.
_ Ah! Mais ne t'inquietes pas, elle saura très bien se débrouiller seule! S'exclaffa le Coyote, dans son poncho noir et barriolé de multiples couleurs, au moment où il jetta quelques simples dans le foyer ardent.
_Houhou qui vivra verra! Accorda la Chouette, perchée sur une branche.
_Côa? Que dit il? Ne doit-on pas parsemer son chemin de pierres qu'elle saura reconnaitre? Intervint le Crapaud-Roi.”
Le serpent abaissa la tête jusqu'a l'oreille du bébé qui venait d'ouvrir les yeux et lui susurra: "Il n'y a pas que l'eau dans la vie, il y a l'air aussi; et soulevant l'enfant jusqu'au cieux; respire!"
A ce moment, un vif éclair vint foudroyer la queue du Serpent.
C'était l'Aigle qui dans un geste fulgurant, venait de prendre l'enfant pour l'emmener haut, tres haut dans les nuages.
Entre les serres du rapace-dieu, l'enfant eu l'unique sensation d'être un poisson de premier choix, elle ne s'était pas tôt posée la question de savoir où il l'emmenait, que l'aigle atteri sur le pic d'un canyon.
Il la posa délicatement sur le sol et prit le temps de regarder cet être etrange qui se dandinait à ses pattes.
Dans son corps et dans son coeur, l'enfant portait la joie d'être aux pieds du grand oiseau et y trouva même un grand honneur de pouvoir lui servir de nourriture!
L'Aigle en fut plus que surpris mais s'amusa d'une telle ferveur, il plongea ses yeux perçant dans ceux de l'enfant, afin de lui faire comprendre que mourir par les serres et son bec n'a rien d'un acte suave.
La petite comprit son erreur, mais l'aigle abandonna bien vite son regard menacant pour un regard serein, qui balaya la vallée qu'ils surplombaient. Il semblai dire: "Vois! ceci est mon royaume et je ne me repaît que de lui".
L'Aigle resta un moment les yeux rivés vers l'immensité, il soupira et posa une derniere fois son regard sur l'enfant. Puis dans un clin d'oeil, d'un geste majestueux, l'aigle déploya ses ailes et prit son envol, laissant l'enfant a son sort.
De là où elle était, la petite fille ne pouvait cotoyer que la face du soleil, cependant, même au zenith sa carresse était douce, comme une promesse de vie. Un sourire merveilleux sur l'espoir qui s'ouvrait a elle.