Dramaturgie
FABIOLA
Premier personnage : Fa, Est maitre de cérémonie du Thé. Est la voix du souvenir. Habillée d'un kimono blanc. Les mouvements de Fa peuvent être mimés.
Second personnage : Bio. Mouvements aériens, dansés. Peut parfois prendre des positions de yogi. Est la voix de du coeur. Habillée d'une toge blanche. (Nonne bouddhiste)
Troisième personnage : La, ne s'exprime qu'en pensées chronologiques mais déstructurées. Est la voix de la pensée cognitive, du mentale. Habillée d'un pantalon et débardeur blanc.
Scène : Salon de cérémonie du thé. Au milieu une bouilloire qui chauffe, bol et accessoires sur un plateau éloigné du milieu. En fond de scène, un grand panneau de papier de riz. Lumières néons (jaunes, violettes) plus une lumière crue en douche. Formation initiale : Deux actrices faces à faces. Une troisième derrière le panneau.
But de la mise en scène : Diction et mouvement mis en corrélation de chœur pour développer un souffle rythmique dans cet extrait.
Chaque prise de paroles est une facette d'un seul individu. L'enfer ici s'intériorise en un for intérieur. Elles sont représentatives des voix qui s'entrechoquent dans nos esprits. Que l'on nomme parfois ego, raison, souvenir... Nous nous trouvons donc dans la boite crânienne d'une absente.
Au début de la scène, Bio se tient en position tailleur .Fa arrive et se déplace jusqu'à Bio, s'agenouille la salut. Un corps de femme bouge en ombre chinoise derrière le panneau. On entend un léger feu crépiter, et l'eau bouillir. Apres un silence, Bio psalmodie en boucle, mains jointes sur le plexus solaire et tête rabaissée dessus:
Bio: (murmure) Wakan Tanka santa santa santa santa, wakan tanka santa santa santa santa, wakan tanka santa santa santa santa...
Au bout d'un certain temps, son off de grésillement, Fa se lève, s'avance vers les accessoires pour la cérémonie du thé, salut les objets ; face publique, relève la tête, pendant que Bio psalmodie toujours :
Fa : Au commencement...
Fa revient a son point de départ. Bio augmente légèrement l'intensité sonore de son psaume. Quatre temps. Son off de grésillement plus net. Fa se lève et refait l'enchainement de mouvement précédent.
Fa : Au commencement...
Fa revient a son point de départ. Bio augmente encore la sonorité. Quatre temps. Fa refait l'enchainement précédent.
Fa : Au commencement...
Fa ramasse le plateau et le ramène près de la théière. Bio s'arête, ouvre ses paumes de mains et ses bras de façon a ouvrir le plexus, lève la tête vers le ciel. Fa sort une cuillère à thé de son tissus et ouvre la boite à thé, elle s'immobilise a genoux, main de chaque côté du plateau. Du fond de la scène, une troisième femme s'est avancé en arrière jardin. (Elle doit être arrivée avant la fin des actions de Fa et Bio). Quatre tps de silence. Son de grésillement. Fa bis.
Fa : Etait Fa...
Bio : Bio...
La : La.
Haut son de grésillement. Noir. Sur le panneau de papier de riz se projettent les images d'un accouchement. En flash séquencés de quelques secondes.
La lumière revient. La est figée, tétanisée. Fa exécute ses gestes précédents.
Fa : Ainsi, par un bel après midi de printemps, naquit le nourrisson de l'eau, pour devenir une fille de l'air.
Pendant que Fa parle, Bio fait danser ses mains, siffle (chant dyphonique) et ondule le buste et la tête, comme un serpent.
La, se contorsionne de douleur à la remémoration de ce souvenir. Quatre tps où La semble se détendre. Fa ré-exécute ses gestes.
Fa : Ainsi, par un bel après midi de printemps, naquit le nourrisson de l'eau, pour devenir une fille de l'air.
Bio dance des bras comme s'envolerai un aigle et siffle comme le vent. La se tord, sous la torture du souvenir. La regarde Fa d'un regard noir cherchant à se détendre. Quatre temps. Fa recommence sa série de geste mais La descend côté jardin en courant, angoissée. Lumière en douche. Son dénaturé d'hélicoptère. Les paroles de l'enfant peuvent être mis en vidéos avec en ayant un son étouffé, ce qui mettra en relief le son de la respiration.
La : Stop ! C'en est trop. Qu'est ce que c'était que ce truc ? Du plus loin que je me souvienne. Qu'est ce que je fous là ? Le plus vieux souvenir. ( Son off d'inspiration) Mais j'ai perdu connaissance. « Regarde Ninine, j'ai trouvé des allumettes ». (Son off de gémissement) Mon corps ? C'est étrange. « on va allumer une bougie pour que mamie s'endorme avec une lumière » (son off d'inspiration) Je reçois tout ce qu'il vit. J'ai pris conscience. « Regarde ca s'allume, Ninine, j'suis trop douée t'as vu ? » (Son off de gémissement) Oui c'est ca j'ai pris conscience, de plus être dans mon corps mais d'exister Ici. « Viens, on retourne voir papa et maman » (son off de suffocation) Il vit sans moi ? J'ai le vertige.
«Han Ninine t'as fait tomber la bougie ! Oh ca va ? Tes oreilles ! Maman ! Papa ! » Je suis en train de mourir. « Maman ! Papa ! Ninine il a bobo aux oreilles » (son off de gerbe gastrique, une voix masculine : « Elle s'étouffe ! Mettait là en position de sécurité ») « jsuis désolée papa, je recommencerai plus. Merci d'avoir sauvé Ninine. »
La, reste figée, comme si elle recouvrait la vue. Derrière elle, une lumière éclair faiblement Fa qui fini d'exécuter son geste prend la théière, la lumière redescend et on entend plus que l'eau qui tombe dans le bol.
La : (se retournant vivement pour scruter une présence dans son dos) Qu'est ce que c'est ? (refait lentement face aux spectateurs. Son off de fourmillement de chuchotements qui se développeront en un grouillement d'insectes. La, se ramasse sur elle, elle se raconte une histoire de tps en tps elle se débat avec une main invisible qui tente de se poser sur son épaule. La lumière peut parfois être vacillante..) L'auxiliaire être s'accorde toujours avec le sujet. (a+b) ² =a²+ab²+b². « Ah ah ! Mais vôtre Majesté n'est pas un sujet » La révolution a eu lieu en 1789. Apprendre, apprendre. Je me souviens plus de la choré ; un entrechat, ...une arabesque, ...retour seconde. Non, c'est pas ça. C'est pénible. Lui c'est pas la première fois qu'il embrasse. Quoi mais j'ai jamais dit ça. Pourquoi tu dis ça ? Et merde, je suis encore en retard. C'est pénible. C'est froid un mort. Si un mirage apparait continuer dans cette direction. « Parlons a voix modéré que cette chimère n'entende point ces vers amers ». Il est monté comme un cheval ! Faites vos jeux. Rien ne va plus. « Quand il me prend dans ses bras ». Tu as vu tes yeux ? Je suis malade. Pourquoi tu viens plus me voir ? Salle pouffiasse. Quelle merde de vie. J'étouffe, je ne vais pas bien. Ne m'abandonne pas...
La, s'écroule en pleur. Le son des insectes s'arrête brusquement. Une lumière jaune éclaire Fa qui essuie les bords du bol, et vient le rapprocher derrière La, puis revient a sa place. La lumière se rabaisse. Une lumière éclaire rapidement Bio. Noir.
Bio: On y est presque.
La : (se retournant) Mais t'es qui toi, qu'est ce tu me veux ? Qu'est ce que je fous là ? Pourquoi il fait tout noir ? Pourquoi je vous vois pas ? Je voudrais rentrer à la maison.
Un puit de lumière éclaire rapidement Bio position de méditation.
Bio : Qui es tu ?
La : (interloquée, présentation publique) Je suis Laaa... Là... Je suis... Je suis là ?
Son off de grésillement de début de pièce. Projection flash d'un visage masculin souriant. La, réalise puis se prend le visage d'horreur.
La : Je me souviens... Je suis, là, pour toi... Quand tu es arrivé, j'étais déjà morte. Tu m'avais simplement dit « viens je vais te montrer que la vie mérite d'être vécue » et je t'ai suivi, n'ayant plus que cela pour moi. Mais ca n'avait rien changé j'avais décidé de mourir... Alors... Alors... Pourquoi j'entends plus la respiration de mon corps ? Pourquoi je le sens plus ? Qu'est ce qui ne va pas ?
La réalise, est prise de torpeur. Une lumière éclaire rapidement Bio.
Bio: Tu commences à comprendre.
La : J'ai atteins la dose létale ? C'est ca ? C'est ca la mort ?
Grésillement. Projection d'un visage masculin souriant.
La : Mon dieu qu'ai-je fait ? Je ne pourrais plus te revoir ? C'est fini ? Où je vais allée sans toi ? Oh non... Mon Dieu juste une dernière fois. Laisses-moi lui dire au revoir. Le toucher, l'embrasser ne serai qu'une dernière fois. Sentir l'odeur de sa peau contre la mienne. Son odeur de matin d'été tout chaud.
Fa pose la main sur l'épaule de La, qui la regarde s'éloignée vers sa place.
Fa : Viens boire ton thé.
La regarde le bol fumant posé sur le sol, s'approche de celui-ci s'assoit a ses côtés, le prend dans ses mains pieusement. Et commence à boire les yeux dans le vague. Bio a repris son psaume du début, la lumière se fait petit a petit sur elle. Puis sur Fa, qui range ses affaires de cérémonies.
Fa : Ainsi s'achève le parchemin vierge.
Quatre temps. Réitère ses mouvements
Fa : Ainsi s'achève le parchemin vierge.
Quatre temps. Réitère ses mouvements.
Bio : Quelle est ta raison de vivre ?
Silence.
La : Lui.
Noir total. Son de grésillement et battement de coeur. Son d'une inspiration profonde et urgente. Projection d'une vue subjective, d'un être qui rouvre les yeux. Voix masculine : « Fabiola ? » L'image d'abor floue, se précise sur le visage d'un homme un peu livide d'inquiétude, qui se met à sourire sincèrement. La caméra vient se lover contre l'épaule de cet homme. Voix de La : « Je suis vivante ! »